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  1. Tendinites, douleurs à l’épaule chez les femmes : et si c’était le travail ?

    Douleur à l’épaule, tendinite au coude, engourdissement des doigts, bursite du genou : ces maux sont courants chez les femmes actives. Bien souvent elles incriminent leur âge, ou pensent présenter une vulnérabilité toute personnelle. Sans s’interroger sur leurs conditions de travail. Or ces maux qui touchent les articulations, les muscles et les tendons surviennent rarement par hasard ou par accident. Sandrine Caroly, enseignante et chercheure en ergonomie nous en dit plus.

    Libéral et soin du pied d'un patient

    Les infirmières prodiguent toute sorte de soins aux patients. Gestes répétitifs, aide aux personnes pour se déplacer, elles peuvent souffrir de troubles musculo-squelettique liés à la pénibilité de leur métier.

    Les troubles musculo-squelettiques (TMS), de leur nom officiel, sont généralement liés à des gestes répétitifs, des postures inconfortables ou des tensions excessives. Ces problèmes sont bien connus des caissières de supermarché, par exemple, qui manipulent les articles à longueur de journée. Aujourd’hui, on ne leur demande plus de déplacer les packs d’eau, simplement de scanner l’étiquette. Mais dans beaucoup d’autres métiers exercés par les femmes, l’apparition de ces troubles n’a pour l’instant provoqué aucune remise en cause de la manière de travailler.

    L’analyse fine des études disponibles permet de penser que les TMS sont sous-diagnostiqués, en France, chez les femmes. Ils résultent souvent d’un manque de réflexion sur l’adaptation du poste à la morphologie féminine. Et sont moins facilement reconnus au titre de maladie professionnelle, car les grilles d’analyses des situations de travail sont conçues essentiellement à partir de l’expérience des hommes.

    Infirmière de nuit, dans un service en sous-effectif

    Pour montrer à quel point la cécité est collective sur ce sujet, prenons le cas récent de cette soignante, Cécile (son prénom a été changé), âgée de 47 ans, qui a 20 ans d’ancienneté en milieu hospitalier. Avant d’intégrer l’hôpital public, elle travaillait comme aide à domicile pour les personnes âgées. Cécile est infirmière de nuit dans un service de gériatrie. La charge de travail est élevée, le service en sous effectif chronique. Le matériel nécessaire n’est pas toujours disponible. En raison de ces conditions de travail dégradées, il y a un fort taux de turnover dans l’équipe.

    Cécile souffre d’une tendinite à l’épaule depuis deux mois. Elle s’ouvre auprès de son supérieur de ses difficultés à déplacer seule les patients âgés pour leur prodiguer les soins. Quand elle évoque cette douleur, elle en parle comme une pathologie liée à l’âge, à l’usure physique. Son encadrement met donc cette pathologie sur le compte d’une fragilité individuelle et ne pousse pas la réflexion plus loin.

    Cécile prend des médicaments antidouleur et s’organise avec une collègue avec qui elle s’entend bien pour soulever à deux les patients les plus lourds. Mais cela ne suffit pas. Sa douleur à l’épaule augmente. Elle est arrêtée par son médecin durant plus de trois semaines. Au moment de reprendre son poste, elle voit le médecin du travail qui lui délivre une restriction d’aptitude. Ce document indique qu’elle ne peut désormais faire son travail que partiellement. Elle ne pourra plus être seule pour soulever les patients lourds.

    Des facteurs de risque inconnus de la liste officielle

    Sa pathologie n’est pas reconnue pour autant comme une maladie professionnelle, car les contraintes liées à son travail d’infirmière ne figurent pas dans la liste officielle des facteurs d’un risque de TMS. La législation française prévoit en effet des tableaux descriptifs pour chaque maladie, détaillant la nuisance prise en compte, les maladies ou symptômes liés à cette nuisance et le type de tâches exposant l’individu à celle-ci.

    Cécile en vient à penser que son épaule est moins solide que celle des autres soignants. Son supérieur trouve désormais que les problèmes de santé de Cécile lui posent problème pour répartir équitablement la charge de travail au sein de l’équipe. Quant au médecin du travail, il estime que la pathologie de cette salariée relève de caractéristiques personnelles inadéquates. Ainsi, tous s’accordent pour dire que Cécile ne fait pas les bons gestes dans les tâches qui lui incombent. Personne ne remet en cause l’organisation du travail dans le service, ni les contraintes relatives à l’exercice du métier d’infirmière. Et encore moins les tableaux descriptifs des maladies professionnelles…

    Les cas comme celui de Cécile ne sont pas pris en compte dans les statistiques. Globalement, en Europe, les femmes obtiennent moins de reconnaissance en maladie professionnelle de leurs TMS que les hommes, comme le montre les cas de l’Italie et de la Suisse ou les travaux de Laurent Vogel, chercheur à l’Institut syndical européen (ETUI) et à l’université Paris 13.

    Trop peu de femmes dans les cas reconnus en maladie professionnelle

    En France, le nombre de cas de troubles musculo-squelettiques reconnus en maladie professionnelle était en 2012 presque aussi élevé chez les femmes (26 438 cas) que chez les hommes (27 577 cas), selon l’étude réalisée par Florence Chappert et Patricia Therry, chercheuses à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail. Mais les femmes, plus vulnérables à ces troubles, devraient logiquement se trouver en plus grand nombre. Preuve que beaucoup de cas de TMS restent, chez elles, invisibles.

    En France, comme ailleurs, la majorité des maladies professionnelles reconnues chez les femmes sont des TMS. Ces troubles sont en effet bien repérés aujourd’hui dans certains métiers comme femme de ménage, caissière, ouvrière de confection ou de montage de petits éléments. Mais une étude réalisée en 2009 par la chercheuse de l’université d’Ottawa (Canada) Katherine Lippel montre que les statistiques d’indemnisation des maladies professionnelles ne reflètent pas toutes les atteintes d’origine professionnelle. On peut donc penser que les cas reconnus ne sont que la partie émergée de l’iceberg des douleurs musculo-squelettiques.

    Les femmes et les hommes ne sont pas touchés par les TMS dans les mêmes circonstances. Car ils n’occupent pas, bien souvent, les mêmes emplois. Prenons l’exemple du syndrome du canal carpien, cette compression d’un nerf provoquant des douleurs au poignet. Chez les hommes, il touche 70 % des travailleurs dans les métiers de manutentionnaire, ouvrier en milieu industriels, artisan et agriculteur, selon une étude de 2006. Chez les femmes, il touche 70 % des travailleurs dans les métiers d’ouvrière d’assemblage de matériel, agricultrice et d’employée de commerce.

    Douleurs aux épaules pour les femmes, lombaires pour les hommes

    Il arrive, bien évidemment, qu’une tâche identique soit confiée aux hommes et aux femmes. Mais ils ne l’accomplissent pas de la même façon et ne peinent pas au même moment, en raison de leurs différences de morphologie et de physiologie. Dans le milieu de l’élevage par exemple, la traite des vaches expose les femmes à des douleurs au niveau des épaules lors du port des tuyaux à lait. Les hommes, eux, sont sujets à des douleurs lombaires lorsqu’ils se baissent pour placer les manchons trayeurs sur les pies de la vache.

    Les femmes vont se préserver de cette douleur en modifiant leurs déplacements dans l’étable pour porter les tuyaux sans se fatiguer, tandis que les hommes vont chercher à se positionner différemment, par exemple en pliant les genoux pour ne pas forcer sur les muscles du dos. J’ai présenté ces résultats le 13 février à Bruxelles lors du colloque sur travail et genre organisé par l’Institut syndical européen (ETUI). Ils ont permis de mettre en place, avec la Mutualité sociale agricole, des formations spécialement destinées aux agricultrices.

    La plupart des études sur la santé au travail ne prennent pas suffisamment en compte les effets de genre dans le risque et la prévention des TMS. Ainsi, les stéréotypes se construisent sur une connaissance biaisée des liens entre santé, travail et genre. Cela conduit à des erreurs de diagnostic de la part du médecin, à une cécité de l’employeur et de la salariée elle-même, comme dans le cas de Cécile.

    Mieux repérer les contraintes au travail pour les femmes

    Et si on cherchait à mieux connaître les véritables contraintes au travail pour les femmes. Beaucoup de facteurs de pénibilité reconnus concernent majoritairement les hommes : vibrations, bruit, chaleur, froid, expositions aux toxiques, radiations, charges lourdes, travail de nuit. D’autres facteurs, généralement à l’œuvre chez les femmes, sont moins repérables : la répétitivité, l’impossibilité d’interrompre son travail, un travail sous la pression avec des émotions qu’on empêche de s’exprimer – notamment dans les activités de service.

    Encore aujourd’hui, les troubles musculo-squelettiques chez les femmes sont trop vite mis sur le compte des hormones, de l’approche de la ménopause ou des tâches qu’elles accomplissent en plus à la maison, après leur journée de travail. Le défi sera de mieux comprendre, demain, la spécificité du travail des femmes dans cette répartition « genrée » de l’exposition au risque des TMS. Et de mettre en œuvre une prévention adaptée et équitable pour tous, hommes et femmes.

    Sandrine Caroly Enseignant chercheur en ergonomie laboratoire Pacte, Université Grenoble Alpes

    The conversationCet article a été publié par The Conversation le 4 septembre 2017 

    The Conversation

  2. TFE - Le positionnement infirmier dans le projet de soin en psychiatrie

    En juin 2017, Nicolas Sarron, alors étudiant en soins infirmiers à l'Institut de Formation en Soins Infirmiers de Pontchaillou (promotion 2014-2017) a soutenu avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : « Le positionnement infirmier dans le projet de soin en psychiatrie ». Il souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous l'en remercions.

    Solitude et détresse

    La question de cet étudiant est celle-ci : comment une posture soignante adaptée peut-elle servir dans l’élaboration du projet de soin d'un patient en particulier ?

    Nicolas débute ainsi son travail de recherche : « Ce travail se base sur deux situations rencontrées en stage. Ces deux situations prennent place au cours de ma deuxième année de formation, durant le semestre quatre. J’effectuais alors un stage en service d’admission psychiatrique. Ces situations traitent de la prise en soin de Monsieur E., un patient de dix-huit ans, hospitalisé pour troubles du comportement et syndrome frontal conséquent à un accident de la voie publique. Son syndrome frontal fait que la prise est soin de ce patient est très spécifique. En effet, à cause de ses ralentissements psychomoteurs et de son altération du langage et de la concentration, il est nécessaire de prendre le temps de s’entretenir avec lui et de l’accompagner pour le comprendre. Ses troubles du comportement font que ce patient peut vite avoir des attitudes inadaptées à la situation, notamment en faisant rapidement preuve d’agressivité s’il ressent de l’opposition. Il se montre très opposant aux règles d’hospitalisation ainsi qu’aux règles sociétales, de ce fait il est important de poser un cadre et des limites dans la prise en soin de Monsieur E. Le patient manifeste son opposition avec des comportements agressifs comme des gestes brusques visant à blesser ou intimider, voir des attouchements sexuels. L’imprévisibilité et la gravité de ses comportements font que ces derniers sont régulièrement sujets à des discussions pluridisciplinaires, toutefois à ce jour aucune réponse homogène n’a été trouvée.

    De ce fait, quand le patient va exprimer des demandes sortant du cadre instauré, certains collègues vont choisir de maintenir les règles en faisant face à l’agressivité du patient alors que d’autres vont choisir d’accéder à ses demandes dans le but d’esquiver une éventuelle mise en danger. Le projet de soin de ce patient, décidé initialement par une réunion interdisciplinaire, a pour principal objectif une réinsertion sociale passant par une meilleure gestion des émotions et des règles sociales. Pour cela, il avait été prévu à la base un cadre responsabilisant et homogène pour Monsieur E. Cependant la réalité actuelle diffère de l’objectif initial.

    La première situation traite du fait que Monsieur E. pénètre sans autorisation dans un espace de soin. Je le surprends et je décide de venir le voir pour faire respecter le projet de soin. Je lui rappelle donc avec bienveillance les règles et lui explique qu’il n’a pas le droit d'être dans cet espace. En réponse à mon attitude, le patient fait preuve d’agressivité et tente de me porter un coup de poing. Il est alors conduit en chambre de soins intensifs.

    La seconde situation se déroule dans la salle de soin, une heure après la collation de seize-heure. J’étais alors avec l’infirmière, en train de préparer les piluliers. Monsieur E. vient nous surprendre et nous demande d’un ton menaçant une nouvelle collation. Le projet de soin pose que Monsieur E. doit respecter les heures de repas pour lui permettre de mieux respecter les règles simples de son cadre de vie. Voyant le patient devenir de plus en plus agressif dans ses demandes, l’infirmière y accède et lui apporte une collation supplémentaire pour éviter une réponse agressive de la part du patient.

    La prise en soin de ce patient a suscité un questionnement professionnel. Comment réagir face à ce contexte de non-respect des règles, à savoir l’intrusion en salle de soin ? Comment gérer un contexte d’agressivité, voire de violence ? Dans quelle mesure la pathologie du patient influence-t-elle son comportement ? La volonté de l’infirmière était-elle d’éviter la réaction du patient ou uniquement de satisfaire le patient ? La présence d’un autre collègue au moment des deux situations aurait-t-elle pu donner une suite différente ? Comment se fait-il que les soignants n’adoptent pas la même attitude dans l’application du cadre de ce patient ? La réponse de l’infirmière est-elle le résultat d’un manque de concertation avec d’autres membres de l’équipe ? Comment une posture soignante adaptée peut-elle servir dans l’élaboration du projet de soin de ce patient ?

    Ce questionnement nous amène à une question de départ qui initiera les recherches de ce travail.

    En quoi le positionnement infirmier influence-t-il le respect du projet de soin du patient en santé mentale ? »

    Lire le TFE - Le positionnement infirmier dans le projet de soin en psychiatrie

    Pour accéder à tous les TFE c’est par ici !

    Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

  3. L'art de panser les plaies

    Vous le savez bien, le pansement est le premier remède contre les petits et gros bobos. Aujourd'hui, il en existe pour toutes les plaies, sur toutes les parties du corps... comme des secondes peaux. Allodocteurs.fr fait le point... histoire de parfaire son expertise sur le sujet ! Au programme :

    • le pansement, toute une histoire ;
    • des pansements adaptés à la plaie ;
    • les pansements de demain.

    La suite est à lire sur allodocteurs.fr

  4. Quand la peur du jugement du médecin freine l’accès aux soins

    Les patients se sentent-ils à l’aise face à  leur médecin ? Apparemment, non d’après une enquête récente! Et cela pourrait avoir des répercussions sur leur accès aux soins et même sur leur état de santé en général. En revanche, le jugement des infirmiers semble être heureusement moins redouté.

    Docteur avec une patiente

    D’après une enquête, la blouse blanche susciterait la crainte au point de ne pas tout dire à son médecin. Interrogé sur leur rapport avec les professionnel de santé, les sondés redoutent des remarques désobligeantes ou des leçons de morales en particulier de la part des praticiens.

    Plus de trois Français sur quatre aurait déjà craint ou expérimenté le jugement d’un professionnel de santé, que ce soit à propos de leur état de santé, un traitement dont ils souhaiteraient bénéficier ou d’une simple question. C’est ce que révèle une enquête réalisé sur un échantillon de 1000 personnes par l’Institut BVA à la demande de ZAVA, un service de consultation en ligne.

    Plus concrètement les Français appréhendent surtout les remarques désobligeantes, inappropriées ou encore les leçons de morale de la part de… leur médecin ! Qu’il s’agisse de leur généraliste ou d’un spécialiste, les sondés sont 74% à redouter leurs réactions. En parallèle, ils sont 17% à éprouver des difficultés à parler à leur pharmacien, 16% à leur secrétaire médicale et 9% à un ou une infirmière.

    Un sentiment présent surtout chez les femmes et les jeunes

    Graphique sur le jugementLa gent féminine et les 18-34 ans seraient les populations les plus touchés par ce sentiment. Ils sont respectivement 83 et 87% à l’avoir ressenti. De même, les chiffres sont similaires pour les personnes ayant déjà consulté pour des sujets d’ordre intimes comme des IST ou pour la pilule du lendemain.

    Un impact sur la santé ?

    Près d’une personne interrogée sur deux a admis avoir été freiné dans son accès aux soins en raison de ce malaise. Ils sont par exemple 45% à ne pas avoir osé aborder un sujet avec un professionnel de santé et 25% à avoir renoncé à une consultation, des soins ou un traitement à cause de ces appréhensions.  Ces craintes ne sont pas sans conséquences : plus de la moitié des sondés ont déclaré en avoir subi des répercussions (41% d’entre eux évoquent des conséquences psychologiques et 16% affirment que leur problème de santé s’est aggravé par la suite).

    Roxane Curtet Roxane.curtet@infirmiers.com @roxane0706

  5. Gare aux ordonnances à rallonge chez les seniors

    Parce qu’elles souffrent souvent de pathologies multiples, bon nombre de personnes âgées consomment beaucoup de médicaments. C’est ce que l’on appelle la « polymédication », pour reprendre le terme médical. Problème : une polymédication mal maîtrisée peut occasionner des chutes et autres accidents médicaux sévères, des hospitalisations, voire des décès.

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Téléphone / Fax : 0596 67 41 47

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